"24 Ways upon the Bells"

 

5 Diapasons eMeilleur Disque de lannée 2010 (Renaud Machart, Le Monde )

 

Ce qui pourrait paraître de prime abord un défilement d'illustrations sonores des instruments à cordes (luths et guitares diverses) du Musée de la musique, à Paris, se révèle être un vrai programme organiquement pensé. Christian Rivet joue avec subtilité et poésie un répertoire qui va de Dowland aux Beatles (le premier sur un luth de 1655, le second sur une guitare électrique Gibson de 1955). Sa tendre mélancolie, la subtilité de son toucher et de son phra dans la musique de Dowland et le Nocturnal de Britten (en hommage au précédent), son imagination presque folk dans les pièces du recueil de John Playford et son jeu 'luthé' dans Yesterday des Beatles font merveille. Une merveille, de surcroît magnifiquement enregistrée, qui ne nous prive ni d'une belle respiration acoustique ni d'une délicate et si sensuelle palette de chuintements (de l'incisif, au luth, au feutré, à la guitare classique) du doigt sur la corde.

 

Renaud Machart

 

André JOLIVET (Tombeau R. de Visée, guitare moderne)

Robert de VISEE (Suites, guitare baroque)

 

          10 de Classica –Répertoire, Monde de La Musique (Christelle Cazaux, Septembre 2004)

 

 

Pour ce premier récital en solo, Christian Rivet juxtapose deux univers musicaux, celui de la guitare baroque et de la guitare contemporaine. Le Tombeau de Robert de Visée d'André Jolivet (1905-1974), d'un cô, des pièces de Robert de Visée (vers 1659-vers 1732), dont le Tombeau de Francisco Corbetta, de l'autre : si les musiques restent très éloignées l'une de l'autre, la cohérence du programme est toute trouvée.

 

Le Tombeau de Robert de Visée n'a pas eu beaucoup de succès auprès des guitaristes. Depuis sa création (1981, quatorze ans après sa composition) et son enregistrement (Lyrinx, 1986) par Rafael Andia, Rivet est à notre connaissance le premier à l'avoir grae sur CD. Trente ans après la mort de Jolivet, on ne peut que saluer l'initiative, même si l'œuvre, terriblement difficile pour l'interprète, ne l'est pas moins pour l'auditeur. ti comme une suite baroque, ce Tombeau plein de réminiscences (accords arpégés du Prélude évoquant ceux de la Sarabande pour guitare de Poulenc, citation du Tombeau de Couperin de Ravel dans la Passacaille) trouve en Rivet un interprète aux ressources techniques impressionnantes, qui fait preuve, en outre, d'une rare intelligence musicale. Dans les pièces de Robert de Visée, lguitariste achève de nous conquérir par sa finesse. Outre la lèbre Suite en ré et le Tombeau de Francisque Corbett, Christian Rivet propose quelques pièces moinconnues, car restées à l'état manuscrit.

 

Intimiste, rêveuse, son interprétation se distingue par l'extrême délicatesse du toucher et une sonorité irréprochable. L'ornementation, abondante, pimente et assouplit le discours. Fidèle à la pulsation des danses, Rivet s'attarde sur les rythmes poins et les fins de phrase, laissant respirer une musique trop souvent "étouffée" par des schémas rythmiques rigides. Il en naît une pointe d'affectation qui peut surprendre au début, mais qui ne messied pas à cette musique, au contraire. Visée a rarement été aussi finement appréhendé.

 

Christelle Cazaux

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© Christian Rivet